Logiciels libres, cancer du numérique ou solution d'émancipation ?

Louis Chemineau

Derrière ce titre accrocheur, se cache une citation de Steve Ballmer, ancien Président de Microsoft, lors d’une interview pour le Chicago Sun-Times en 2001.

“Linux is a cancer that attaches itself in an intellectual property sense to everything it touches.”

“Linux est un cancer qui s’attache, au sens de la propriété intellectuelle, à tout ce qu’il touche.”

Cette formulation attaque en particulier Linux, un système d’exploitation concurrent de Microsoft, mais surtout la licence sous laquelle il est distribué, la licence GPL. Cette licence, rédigée par la Free Software Foundation, a pour objectif de garantir certains droits et libertés aux utilisateurs.

  • Le droit de faire fonctionner le logiciel comme l’utilisateur le souhaite, et ce, pour n’importe quel usage.
  • Le droit de modifier le logiciel afin qu’il se comporte comme l’utilisateur le souhaite.
  • Le droit de redistribuer le logiciel.
  • Le droit de redistribuer ses modifications.

Ce dernier droit, celui de pouvoir redistribuer ses modifications, est soumis à la condition que le nouveau logiciel doit être distribué sous licence GPL ou équivalente. La licence se comporte donc de manière virale, ou comme le dit Steve Ballmer, comme un cancer.

Aujourd’hui, la présidence de Microsoft a changé, et leur point de vue aussi. Ils ont en partie embrassé la philosophie open source, au point même de racheter Github, la principale plateforme de partage de code source. Comment expliquer ce revirement ?

Pour simplifier les choses, ils ont compris qu’une énergie inépuisable émanait de la communauté des logiciels libres, qui crée, modifie et améliore constamment la plus part des briques qui supportent l’informatique actuelle. En effet, la plupart des logiciels qui composent le cloud, sont open source, en commençant par Linux qui fait tourner plus de 95% des serveurs dans le monde. Sans oublier Firefox et Chrome, les principaux navigateurs, Android le principal système d’exploitation mobile ou encore VLC, incontournable lecteur vidéo. Microsoft, et beaucoup d’autres, refusent de laisser partir le train sans eux.

Mais il faut le reconnaître, beaucoup d’applications du quotidien ne sont pas open source, et encore moins des logiciels libres.

L’une des raison est la suivante, les éditeurs de logiciel ont besoin de conserver un pouvoir sur les utilisateurs, afin de les maintenir dans une sorte de prison dorée. Lorsqu’on y entre, tout semble optimal, mais, une fois les problématiques relevées, il est difficile d’en sortir. Cette notion de pouvoir est la pierre angulaire de cet article, puisqu’il permet aux géants du numérique d’inclure certaines fonctionnalités, indésirables aux utilisateurs, dans leurs logiciels. Accumulation et vente des données, profilage des utilisateurs, affichage de publicités… Sans ce pouvoir, Facebook ne pourrait pas se permettre cela. D’ailleurs, utiliseriez-vous toujours Facebook, si vous pouviez interagir avec les contenus qui y sont présents, depuis un service qui respecte vos données ?

En autorisant le partages des modifications, les logiciels libres abandonnent tout pouvoir sur les utilisateurs, mais leur confèrent surtout le pouvoir de s’émanciper en choisissant, ou même en construisant des alternatives. Nous allons explorer, dans les articles à suivre, et au travers de cas concrets, ces projets qui annoncent un futur numérique plus respectueux et collaboratif.

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